lundi 5 novembre 2012

Et v'là un programme d'établi !



Il va sans dire, c'est pourquoi nous l'écrivons, que le programme publié ce jour est susceptible de modifications et autres ajustements. 

LUNDI 26 NOVEMBRE
14h00 
Si par une nuit d'hiver un voyageur, Caroline Beuret et Lo Thivolle, 30 min
Si par une nuit d'hiver un voyageur, dans son errance, ses erreurs, ses errements, venait à toucher, nous parler, rester là. De cet endroit commun, un passage, une chronique dépliée pour dire encore, « J'aime mieux le peuple qui mange à même la terre le délire d'où il est né. » Antonin Artaud

















15h15 
Une envie lui vint d'être aimé, Natacha Samuel et Florent Klockenbring, 17 min
Marseille. Une école maternelle du centre ville. Une journée ordinaire, la maîtresse, les élèves. Leurs jeux, leur désordre, leurs petits chaos.Et puis quelque chose dérape. Une brèche s’ouvre. Vers l’irréel, vers la liberté.
L'école se métamorphose. Maintenant ils peuvent en faire ce qu'ils veulent. Ce n'est plus qu'une terre vierge, à la merci de leur terribles pulsions.
Libre variation de "Where the wild things are" de Maurice Sendak, conçu comme terrain d'expérimentations avec trente enfants de 5 ans  



16h00  
La mort de la Gazelle, Jérémie Reichenbach, 45min
Depuis la fin des années 1980, une guérilla sporadique sévit au nord du Niger, quelque part aux confins du Sahara. En 2007, un groupe d’hommes en armes attaque une garnison militaire. Ils se réclament du MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice). Ils sont alors des centaines à rejoindre le mouvement. Jérémie Reichenbach filme quelques-uns de ces hommes qui se tiennent prêts à combattre dans une ambiance incertaine, entre guerre et paix. Sous la menace d’un ennemi invisible, isolés du monde, ils vivent dans l’attente d’un affrontement.






  17h30
Les étés du Montbellet, Antoine Challeil, 80 min
Le petit village du Montbellet en Corrèze est un passage obligé pour les vacances d'été. On y vient aider au travaux de la ferme et passer un moment au vert. De 1948 à nos jours, l'histoire familiale s'y raconte avec une caméra. L'objet passe de main en main et les formats d'enregistrements se succèdent. Sur plus de soixante ans et au cœur d'une famille française, le film offre un témoignage de la transformation du monde rural et des parcours de vie de ceux qui y sont attachés. Aujourd'hui, on ne travaille plus la terre de la même manière mais l'on continue de la filmer.






21h30 Nuit sur la mer, Marc et Chloé Scialom, 105 min
A Marseille, un vieux réalisateur juif, immigré d'Afrique du Nord, repense à l'un de ses films resté inachevé et que son équipe de tournage, elle-même composée d'exilés d'origines diverses, le presse d'achever. Ce film, au départ, devait porter sur les relations ambiguës entre Musulmans et Juifs de Marseille, vues à travers une fiction présentant deux personnages-types, une Tunisienne juive et un Marocain musulman, l'un et l'autre fortement liés à leurs appartenances respectives.
Mais un événement nouveau vient de se produire : toute l'équipe de tournage est sous le choc de la mort récente de Mohamed, le jeune assistant du réalisateur, et cette mort projette sur le film à finir une lumière particulière. Car Mohamed, après avoir milité pour les sans-papiers, avait poussé son refus des appartenances jusqu'à l'extrême : il avait déchiré ses propres papiers, était devenu un "sans-papiers volontaire", s'était voulu citoyen du monde, se préparait à d'incessants voyages.
Ebranlé par les critiques de ses collaborateurs, le vieux réalisateur renoncera peu à peu à son film, cependant que l'équipe désœuvrée commencera d'imaginer, sur le thème de l'exil en général, un second film où paraîtrait un exilé mythique, à mi-chemin du Juif errant et d'Ulysse.


                                    Marc et Chloé Scialom

23h30 Charges Communes, Charlotte Grégoire,75 min
Bucarest, un bloc, ses habitants, des instantanés de vie collective, des moments intimes partagés avec nous. Vingt ans après la chute du régime de Ceausescu et en pleine crise économique, les protagonistes du film débordent d'une infatigable volonté de vivre, nous livrent des regards singuliers, souvent drôles et touchants sur leur vie, leur ville et leur pays. Voisins, ils s'organisent pour pourvoir aux charges communes liées au bloc, à l'électricité, l'eau et le gaz. Concitoyens, ils portent et transmettent des vécus communs, tributaires d'une certaine histoire européenne.
Charlotte Grégoire                 





MARDI 27 NOVEMBRE                                          

                                      la terre se transmet comme la langue

                                                                                   Mahmoud Darwich
    


14h00 
Les derniers hommes, Quentin Briere Bordier, 55min ―16mm
Le décor : l’hôpital psychiatrique d’Evreux à la veille de sa démolition. En guise d’introduction, un mouvement de travelling arrière, rapide et sec, traversant une fenêtre. Ainsi s’annonce le programme du film : aller du dehors vers le dedans, porté par le souffle du vent.















15h45
Epopées à la Joliette, Aurélia Barbet
Epopée #1 : Marseille est moins folle qu’Ibiza (25’)
Mario, marin de Manille, dont le bateau est à quai depuis bientôt trois ans, improvise sa vie en chanson et s’accompagne à la guitare. Derrière l’hôtel des Gens de mer, les gammes inlassables de Ninon parviennent jusqu’aux oreilles indiscrètes du promeneur de la rue Massabo.
Epopée #2 : Marseille si jolie, si Joliette (20’)
Les grues, les pelleteuses, les pilons se déchaînent. Le quartier se transforme à vue d’œil. Des 4 par 3 font des promesses de standing au milieu des ouvriers qui s’activent, des étrangers qui font la queue devant l’accueil de nuit, des souvenirs que chante André,d’origine Algérienne, arrivé sur les quais de la Joliette il y a 20 ans, qui a réparé toutes les voitures du quartier.

17h15
MVAN, migration saisonnière, Angèle Edzigui Neau, 30 min  
Envolons-nous en Afrique Centrale, précisément au Cameroun et, à l'est, sa plus riche région. DJOUYAYA, un petit village doté d'une nature exceptionnelle, où ses habitants vivent une vie particulière, surtout aux temps de cultures. Ils quittent le village en déménageant quelques animaux domestiques et vont s'installer en forêt. Aidés par des Pygmées, ils se nourrissent essentiellement des produits de dame nature. La famille MVIENA et celle d'Emile le Pygmée nous feront vivre des moments de choix.
MVAN, Migration Saisonnière, nous raconte la vie passionnante des ces villageois qui n'ont de richesse que leur terre fertile.


18h30
L'harmonie des tramways, Marseille, Odile Dubost, 26 min
Une découverte à la station Castellane du métreo de Marseille : l’Harmonie des Tramways de Marseille, un orchestre de variétés (saxophones, clarinettes, trompettes, …) donne un concert, six fois par an, à l’heure de pointe. Entre les répétitions on entre dans l’univers musical de quelques-uns des musiciens. Et le jour même du concert, on assiste au départ d’Hiroshi, un clarinettiste. Car l’Harmonie, créée en 1886 pour les traminots, recrute aujourd’hui des musiciens de tous horizons.















21H30
Sans Titre, Jeremy Gravayat, 6 min
La poésie dramatique de la marge, des espaces frontaliers, de la figure de l’errant pour interroger la complexité du monde, puis l’amener vers l’espoir des idées et la lutte.

 



22h00 Les apatrides volontaires, Aaron Nikolauss Sievers, 60 min, 16mm

Le 27 mai 1944 et le raid aérien des alliés, pour couper les voie de communication entre le sud et le nord de la France en vue du débarquement, est un des points qui ont vu naitre ce projet… Naître allemand et vivre en France, être allemand et un enfant de la guerre froide sont et restent un endroit qui donne une lecture du monde, un regard déchiré… Comment décrire quand le passé pèse ? Quelle joie ressentir quand les proches n’y ont pas participé par conviction… ? Comment dire le soulagement de savoir que le grand père docteur Sievers n’est pas le médecin Sievers qui a effectué des expériences sur les détenus des camps… ? A été envoyé par punition, de n’être pas fervent, en première ligne sur le front Russe… Est mort dans une embuscade des partisans après avoir sauvé un enfant Russe d’un accouchement difficile, au delà des lignes de front…
Peut être que le film est une manière de raconter à une mère ce que son père ne disait pas… Une remontée qui passe, du grand père au père, du fils vers la mère, un cheminement dans les méandres de ce qui est tue.
Mais peut être que le film ne raconte pas tout ça, mais ne fait que chercher à raconter en juxtaposant des images et des sons, posant les ingrédients sur la table. Il cherche à créer une émulsion, un précipité comme si on pouvait faire de l’alchimie,faire de l’or avec du charbon.

Film couleur 16mm, 60 minutes (2001- 2012. Film en cours)
Réalisateur : Aaron Nikolaus Sievers






MERCREDI 28 NOVEMBRE








10h00
La règle du jeu
Cinéma hors capital(e) / Film flamme en gare de la Ciotat.


... Nous sommes des oiseaux de chantier.
Peut-être les artistes ont-ils inauguré le « Work In Progress » ? La forme « chantier » comme prémonitoire de ce siècle à venir. On ne compte pas le nombre d'œuvres qui en sont des WIP. Et font souvent de ces WIP, bon gré, mal gré, des formes définitives.
A ce titre on peut se demander si le monde ne se « forme » pas définitivement à être en chantier. Le temps qui s'accélère a rattrapé l'agir. Toute forme stable apparaît désormais en sursis. Nous ne vivons plus parmi les ruines du passé (celle ci disparaissent sous toutes formes destruction), mais parmi les chantiers (y compris de destruction). C'est sans doute un enjeu de la circulation de l'argent, que d'accélérer le temps au delà de toute pensée qui puisse remettre en cause l'idée d'accélération du temps financier. Faire du temps financier le temps étalon de l'humain. Prendre de vitesse la pensée... J.F. Neplaz

12h30/14h00 
REPAS COLLECTIF

14h00 
Discussion/rencontre avec Jean-Pierre Beauviala, fondateur d'Aaton, 
autour de la question du numérique. (sous réserve)



17h00 
Les champs brûlants, Catherine Libert et Stefano Canapa, 74 min
En deçà de la grande Histoire du cinéma italien et de sa mort annoncée, il y a l'autre histoire, celle d'un cinéma invisible et résistant : ce cinéma qu'aucune tempête ne pourra anéantir parce qu'il reviendra toujours, libre et spontané, comme les herbes folles le long des chemins de traverse. Des ruines du Circo Massimo à Rome, en passant par ses banlieues oubliées, jusqu'aux décombres de Pozzuoli, le film part à la rencontre d'un cinéma de la survivance, celui de Beppe Gaudino et Isabella Sandri.













19h00
Abîme, Jean-Marie Nicolas, 42 min 
Un film c'est un contournement alors je contourne l'abîme dans la ville où je vis
un film c'est un détournement alors je détourne l'abîme dans l'espace où je vis
la vie est un film alors je filme l'abîme de l'endroit où je suis.





22h00
Autrement, la Molussie, Nicolas Rey, 81min ― 16 mm
Un film en neuf chapitres présentés dans un ordre aléatoire, basés sur des fragments de « La catacombe de Molussie », roman allemand écrit entre 1932 et 1936 par Günther « Autrement ». Des prisonniers d’une geôle d’un état fasciste imaginaire, la Molussie, se transmettent des histoires à propos du dehors, comme autant de fables à portée philosophique.
















 


JEUDI 29 NOVEMBRE  
                                              
10h00 -13h00
Lecture de scénarii polyphonie du cinéma en écriture
avec Stéphane Manzone, Raphaël De Gerlache, Anne-Alix et comédiens de La Réplique 
Des scénarii en tant que tels, des textes en devenir de et des projections d'extraits de films

 













14h00 
Mon père à l'ouest, Sylvie Nayral, 45 min (travail en cours)
Mon père est parti par l’Ouest. Cherchant aux travers des distorsions provoquées par la morphine à comprendre où il était, il dessina en creux depuis ses interprétations délirantes un portrait éloquent d’un lieu collectif : l’hôpital.
La reprise de ses paroles se conjugue au travail en plein air d’un couple de paysans de grand âge soignant leur jardin, que l’on respire à pleins poumons.
Le travail du film avance pas à pas, au bord du déséquilibre, tels ses protagonistes.


15h30
Appunti, notes à propos du film 12 dicembre (1970)
Jean-Baptiste Leroux, 40 min

Au départ il y a la rencontre avec les images d'un film tourné en 1970 par Lotta continua, Pier Paolo Pasolini et des techniciens du cinéma à Cinecittà : 12 dicembre. On a tenté de déplier cette archive au présent, au cours de vagabondages dont la caméra super 8 se voulait le témoin. 

Dans ces repaires que sont un marché, la cour d'un immeuble, un potager collectif, un gymnase de quartier, le dortoir improvisé d’un centre social ou la cantine occupée d’une usine, la question de lieux pour vivre s'en peu à peu substituée à celle de l'archive – comme si ce qu'on y cherchait en réalité, ce sont des lieux pour aujourd'hui, une fois que la ‘machine-caméra’ se serait éteinte. 

Ces notes à propos du film 12 dicembre tente également de se faire l’écho de cette ouverture du langage cinématographique à l’enquête que portaient, selon des modalités opposées, Pasolini et Lotta continua. Peut-être cette recherche marque t-elle seulement, entre les besoins d’une lutte et les nécessités cinématographiques, un divorce définitif ; peut-être dessine t-elle aussi une promesse, issue « de la matière première de l'activité politique »... 





16h45
La boxe et la vie, Leila Habchi et Benoit Prin, 52 min
Ce film qui n'est pas tout à fait terminé mais déjà montrable, a été tourné dans un club de boxe Thaï du faubourg de Béthune à Lille et montre un état des lieux de la pensée et des actes de jeunes gens issue de ce quartier très très populaire. on y entend des paroles liés à la discipline, à l'échec scolaire, aux migrations, aux émeutes, aux flics et au courage.


18h00
Brise la mer! Un anniversaire, Claire Angelini, 10 min
Deux protagonistes - une femme algérienne et un homme tunisien - évoquent la situation récente de leurs pays.
Le politique surgit là où le visible redistribué permet de poser autrement la série de problèmes engendrés par ce qui a eu lieu, dans l’Histoire ; quand aux cuves de pétrole du port de Béjaia, (Algérie), répondent les toupies d’abord fougueuses, puis de plus en plus lentes, d’une table de café tunisienne, de quel tour sur soi-même la révolution, dans l’un et l’autre de ces deux pays, a-t-elle été porteuse ?


18h30 
Six faces d’une brique, Damien Monnier, 2011, 73 min
Dans une cour de Varsovie, il y a un vestige du mur du ghetto juif. Riverains et voyageurs la traversent, l’habitent, viennent y voir. Certains prennent en charge la mémoire de ce vestige: le raconte, en garde un souvenir. D’autres passent et c’est tout. En marge de l’Histoire, que font-ils circuler sur cet événement à partir de cet espace?


21h30 Una domenica non é tutti giorni, Nicola Bergamaschi, 19 min

C'est un repas du dimanche. Une table est dressée sur une terrasse dominée par la campagne ; c'est à peine le printemps ; des jeunes gens discutent; l'un d'eux enregistra. Ils ont l'air isolé, perdus sans tristesse. Mais un dimanche n'est pas tous les jours.






22h00
Etre ou ne pas être, Paul Vecchialli, 90 min
Deux comédiens, frère et soeur, qui viennent d'acquérir la Villa Mayerling à Plan de la Tour, ont passé une annonce pour recruter des comédiens. Le but est de former une troupe pour monter une pièce. La maison est grande mais, à quatorze, ils occupent tout l'espace et les intrigues se développent. Au bout du compte, ils apprenent que la maison est hypothéquée. Le rêve passe. Le thème de ce film ? Les intermittents du spectacle. Sous la fiction, vaguement pirandellienne, pointe le documentaire.








VENDREDI 30 NOVEMBRE  

11h 
film en cours, Antonella Porcelluzzi

Antonella nous envite à un regard sur le montage de son film en cours "ILLEGAL RAVE, la sorcière

"Apprends, jeune homme, que le jeteur de sorts doit accomplir certains actes en des lieux consacrés depuis des milliers d'années. Ces lieux sont ou des cavernes ou des sommets élevés que fréquentent les sorciers certains jours de sabbat aux environs de minuit, par des nuits sans lune." (Vimond, 1938)
Le sabbat des sorciers, que nous le connaissions par les traditions populaires (Bertin, 1992), par les minutes des grands procès de sorcellerie des 16ème- 17ème siècles ou encore que nous l'observions aujourd'hui dans certaines
sociétés traditionnelles d'Afrique ou d'Amérique du Sud, procède de la revendication de l'Inconscient à conserver "les objectifs du principe de plaisir déchu par la répression, le retour du refoulé constituant l'histoire souterraine et
taboue de la civilisation." (Marcuse, page 26-27, Eros et Civilisation: contribution à Freud, Paris, Minuit, 1968) C'est l'époque où l'érotisme condamné va tomber dans le domaine profane, où Dionysos revit dans le diable des sabbats, lesquels,
"voués dans les solitudes de la nuit au culte clandestin de ce dieu qui était l'envers de Dieu, ne purent qu'approfondir les traits d'un rite qui partait du mouvement de renversement de la fête". Phénomène bien connu du retour du refoulé, l'élimination du sensible de la religion ne trouvait-il pas son exutoire dans les fêtes noires où les préceptes admis, l'institué de la société rurale, étaient battus en brèche? La danse tournoyante ne formait-elle pas le lieu et la nuit le temps d'une fête où s'exacerbaient les désirs dans la rencontre des corps et d'une mythologie venue du fond des âges?
Manifestation particulière, le sabbat nous semble le modèle parfait de transgression des rituels festifs, de cet état de déséquilibre qui permet de renouer l'harmonie entre soi et le monde extérieur, accomplissant comme un déparasitage
des participants quand la musique des violons, instruments du diable, vous entraîne irrémédiablement hors de vos limites. Ne permettait-il pas ces relations libidineuses, libres, durables et sociables qui, selon le mot de Herbert Marcuse
(page 183,  Herbert Marcuse, Eros et Civilisation: contribution à Freud, Paris, Minuit, 1968.), "sont à l'origine d'une autre civilisation, non répressive"? Il était profondément empreint de la notion de sacrifice à tel point que les sorcières
payaient de leur vie cette transgression orchestrée tant au niveau individuel qu'à celui de la subversion sociale. Le sabbat n' originait-il pas, dans l'imaginaire radical et social, de nouveaux rapports basés sur le mécanisme du sacrifice et de la
violence qui l'accompagne, fondatrice de culture? Particulièrement ce cadre permet d'interroger la question du corps de la sorcière, laquelle nous semble centrale dans les récits de sorcellerie à la fois comme support identificatoire et comme lieu de savoir sur le statut du corps dans les sociétés considérées où l'homme est mêlé à sa communauté, ne s'en sent pas
différent. Le corps de la sorcière ne serait-il pas, ainsi, lieu du dire social? Ainsi l'anathème jeté par l'Église sur la danse, c'est à dire l'expression des corps, "donne la mesure du malentendu qui l'oppose à la sexualité et au monde naturel
dont elle n'a qu'une perception fautive. Malgré l'intuition chrétienne du monde comme corps du Christ, l'univers naturel a été considéré comme séparé de Dieu et même opposé à lui faute d'être précisément perçu comme un corps." (Watts,
1958, page 209-210) Il rend compte de cette idée naïve qui considérait que "le mouvement n'a pas de véritable existence", celle-ci étant nécessairement statique et stable, optant pour la mise au ban du plaisir dont on sait bien qu'il naît de la
relation entre l'homme et le monde. Remi Hess (Hess, 1989, page 65-66) rappelle justement à ce propos que les juges ecclésiastiques du XVIème siècle rendaient la volta, danse importée d'Italie, "responsable d'infinités d'homicides et
d'avortements", discours repris par Praetorius en 1688. (tiré de: George Bertin, “Le corps de la sorciere”, étude sociologique)














14h00 

Kaspar film, Florence Pezon, 50 min―16mm

D'après le récit de Kaspar Hauser par lui-même, 1828, Nuremberg.

Au départ il y a une image, celle d’une petite fille, Genie, trouvée sans langage, enfermée jusqu’à l’âge de douze ans, quittant sa chambre noire, filmée par les services sociaux en 1970. Kaspar Hauser, contrairement à Genie, a pu écrire le récit de sa propre expérience, qui eut lieu au début du XIXème siècle en Allemagne. Que ce récit puisse résonner au nom de tous ceux qui n’ont pas le langage, ou un langage lacunaire, c’est à dire en même temps au fond, au nom de tous les exilés, y compris bien sûr dans leur propre pays. « Imbécile, fou, demi-sauvage ? » « Où est son passeport ? » demandent les policiers à Kaspar à son arrivée à Nuremberg.






15h30

Chers parents, Philippe Van Cutsem, 30 min ( version de travail )
« C'est avec plaisir, chers parents, qu'à la demande de Monsieur le directeur, j'ai réalisé ces enregistrements. Permettez-moi de prendre la parole pendant quelques instants avant de vous faire passer la voix de vos chers enfants. Tout d'abord, je tiens à vous confirmer que le site, ici, est merveilleux, le chalet confortable et la nourriture excellente...» 







18h00 

Nous bâtissons des maisons et traçons des chemins, Sara Millot, 50min 


Des corps, des visages et des gestes composent une fresque où les figurants occupent le devant de la scène. En s’attachant aux situations de représentation et de liturgie contemporaines, le montage découvre la part de rituel qui nous agit et ouvre un espace dans lequel le regard peut circuler et recomposer le réel filmé.







19h30

Agnus dei, Karine De Villers, Mario Brenta , 27 min

Avant d’entrer à l’hôpital, à la suite peut-être du pressentiment de la mort prochaine, mon père m’a raconté une histoire gardée en silence depuis l’enfance. Pour que j’en fasse un film. C’était l’histoire d’un jeune adolescent abusé par un moine dans un internat. Cet adolescent était mon père.






21H30 Festoyons
 

Ciné-concert   (sous réserve diverses)
avec les musiciens de L'AJJODE (Association Jeunes Joliette Demain)







Musique live et plus si affinités collectives  en bref 


on fête tout ça ensemble en musique en chant et en danse



SAMEDI 1ER DECEMBRE


10h00
Film flamme
 
14h00 
Un voyage sur la terre, Anne-Marie Lallement, 60min
Une femme part à la recherche d'un journaliste algérien connu il y a 
plus de 20 ans et disparu dans la tourmente des années de violence des 
années 9O, juste aprés avoir retrouvé un amour de jeunesse (Melvin Van 
Peebles joué par lui mème).Son chemin passe par Marseille, la conduit jusqu'en Andalousie... A la fin de cette quête, elle comprend que ce qu'elle cherchait était non pas une personne mais un sourire...qui la ramène à son histoire familiale.

15h45 
On ne sait plus ce que l'on a, Damien Cabanes, 60 min

17h30
Les bulles du souvenirs, collectif Bulles, 25 min
Des personnages se croisent, les souvenirs volent, passé et présent se mêlent et prennent un accent mythologique.
Ce film réalisé collectivement dans le cadre d'un atelier accompagné par Sarah Ouazzani en Hôpital de Jour s'est construit à partir de cadavres exquis...

18h45
La Pièce, Mario Brenta et Denis Brotto, 60 min

Le cinéma rencontre le théâtre.

De manière discrète et participative, l’oeil de la caméra se glisse et se cache derrière les coulisses, dans les loges, dans les ateliers et épie la naissance et la croissance de la mise en scène d’une pièce de théâtre.

Un témoignage indirect où les frontières entre les deux genres s’estompent petit à petit jusqu’à disparaître dans une symbiose heureuse et inattendue dans laquelle le cinéma se fait théâtre et le théâtre cinéma.

22h00 
L'Odyssée, Isabelle Wuilmart, 120min 

Pour échapper au quotidien morne de sa vie dans une ville maussade, une cinéaste part à la recherche de son propre film en prétextant le tournage de l'Odyssée, l'histoire d'Ulysse,
elle se met alors à errer sur les routes telle un Ulysse à la caméra, filmant tout sur son passage et bascule lentement dans une fiction où rennaîssent de leurs cendres Calypsos et sirènes, Pénélopes et nymphes, jeunesses de la méditerrannée, Poseidons, lestrygons, compagnons sur les flots. A la recherche de quelque chose, d'Ulysse, du bonheur...
Premier long metrage super 8 de la cinéaste, il s'agit d'un film autobiographique, ludique, familial et tragicomique.





DIMANCHE 2 DECEMBRE

14h00 
Film flamme









16h00 
Le monde est fou ! Pas nous ? Philippe Caussignac, 13min
Dans un petit village des Hautes-Alpes, tous les ans, est organisé un carnaval par les résidents d'un centre médical et social. Une déambulation avec les gens du village.

18h00 Au Diable Vauvert, Thierry Lanfranchi, 90 min
Apprendre prend du temps, et n'assure d'aucun bénéfice. Suivi sur plusieurs années, c'est au lent exercice de la démocratie auquel on assiste ici comme à une leçon de choses de la vie civique.
Dans le cadre serré d'une petite ville du sud de la France, Thierry Lanfranchi nous familiarise avec un groupe de personnages qui passe de l'investissement dans un SEL (Système d'Echange
Local) à l'implication politique élargie. Comme de juste, ce sont les palabres qui font ici l'essentiel de l'enregistrement : débats, confrontations, harangues, sempiternelles réunions, jusqu'à se clore sur le mime d'un cours magistral de philosophie politique. Partage des idées, exemplarité des convictions, difficulté de l'engagement, voilà la générosité dans laquelle on s'avance, mais aussi, et comme au passage, le film fait monter avec délicatesse la pâte de biographies émouvantes, de corps à chaque fois singuliers.





20h00 / 22h00
Repas de clôture
on se pose au calme, disons cela, et on fait le point ensemble
sur l'asymétrie à venir. Les dernières bobines en poches pour les insatiables. 

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